Petite histoire de nos ancêtres Surrel

écrite à  l'occasion du rassemblement, le 29 juin 2013, des descendants de
Pierre Surrel et Jeanne Mairey
chez notre doyen Pierre Piffaut, à La Tour Guérin.

Merci à sa fille Anne, cheville ouvrière de cette journée mémorable.
panorama
Vue du Monastier-sur-Gazeille

Nos plus anciens ancêtres Surrel connus habitaient, au XVIIe siècle au Monastier, village du Velay, appelé depuis 1962 Le Monastier-sur-Gazeille du nom de la rivière affluente de la haute Loire qui le traverse.

Le nom de famille est très certainement d'origine géographique : le lieu éponyme du nom de famille étant le hameau de Surrel1 situé dans la paroisse de Retournac, que l'on peut voir sur la carte de Cassini. Lorsque les registres paroissiaux (notre principale source généalogique) commencent à enregistrer les baptêmes, aux XVIe et XVIIe siècles, les Surrel sont déjà très dispersés en Velay et Vivarais. Plusieurs lignées2 se situent au Monastier et au Bouchet-Saint-Nicolas, deux paroisses voisines qui sont maintenant des communes de Haute-Loire. La notre est une lignée paysanne vivant à Couziols, minuscule hameau du Monastier. Jean Le Bret, qui le premier a fait une recherche généalogique sur notre famille Surrel, a trouvé les plus anciens attestés de notre lignée, les frères Jean et Vital Surrel, paroisse Saint-Jean du Monastier à  la fin du XVIe siècle.


Les Surrel à  Crouziol (Le Monastier)

Maison à Crouziol

Vues de Crouziol au XXe siècle

1. Dans le dernier quart du XVIe siècle, Jean Surrel et Catherine Chabaud eurent un fils, Estienne.

2. Estienne se marie le 11 janvier 1614 avec Matthieue Fillaire (fille d'Antoine Fillaire et G. Eyraud) d'où onze enfants dont deux jumeaux ; l'aîné, Vidal, est notre ancêtre.

3. Vidal, né le 15 février 1615, est marié avec Marie Terme. Ils eurent douze enfants : dont Marguerite, Jean, Marie, Madeleine et Mathieu qui fut notre ancêtre.

4. Mathieu, marié le 6 fèvrier 1690 avec Marie Exbrayat, fille d'André Exbrayat et Madeleine Descours, originaire du Monteilhet de Chabriac, autre hameau du Monastier. Mathieu va s'installer dans le hameau de sa belle-famille.

Les Surrel au Monteilhet de Chabriac (Le Monastier)

L'aînée de Mathieu et Marie Exbrayat, Madeleine, nait au Monteilhet de Chabriac, le 4 décembre 1691. Ses frères et sœurs sont Jacques 1693, Claude 1694, Marie 1695, François 1700, Anne 1702 et Etienne.

5. Claude, né le 18 mai 1694, épouse le 2 mars 1726 Yzabeau Mouret, fille d'Antoine et Suzanne Badiou. Ils ont quatre enfants. L'aîné Mathieu sera notre ancêtre, ses frères et sœurs, Françoise 1729, Jeanne 1731 et Estienne 1736.

6. Mathieu est né le 2 juillet 1727, marié le 30 juin 1761 avec Jeanne Bonnet à  Lafarre. Jeanne Bonnet appartient à  une famille installée depuis plusieurs générations à  Chanteperdrix, hameau, au si joli nom !, de Lachapelle-Graillouse dans l'Ardèche actuelle, le Vivarais à  cette époque. Les autres ancêtres de Jeanne sont originaires de la même paroisse (Ceysson à  Vente) ou de paroisses proches : le Villar à  Saint-Arcons-de-Barges (Bertrandon, Falcon), le Poyet à  Cros-de-Géorand (Teyssier), Issarlès (Liabeuf, Veyradier), Salettes (Falgon).

7. Leur fils Charles est né le 19 novembre 1768. En 1789, Charles a vingt ans et sert à Paris dans le régiment des Gardes françaises, régiment prestigieux qui était logé rue de Babylone, dans une caserne alors toute neuve, là où se trouve actuellement la Garde républicaine. Il se trouve donc témoin et, peut-être, acteur des journées révolutionnaires de juillet.

escarmouche
Escarmouche entre le régiment Royal-Allemand commandé par le prince de Lambesc et un détachement des Gardes Françaises, devant leur dépôt, à  l'angle du boulevard et de la rue de la Chaussée d'Antin, dans la nuit du 12 juillet 1789. Sur la gauche, l'hôtel de Montmorency. Eau-forte de Duplessis-Bertaux.

En effet, dés le 12 juillet, les Gardes françaises font le coup de feu avec les parisiens contre le régiment Royal-Allemand qui entre dans Paris pour s'installer sur le Champ de Mars ; le surlendemain, espérant y trouver de la poudre pour les armes dont il s'est emparé la veille aux Invalides, le peuple de Paris, assiège la Bastille ; ce siège, commencé dés le matin, ne prend fin dans l'après-midi qu'avec l'arrivée de deux sections du régiment des Gardes françaises armées d'un canon à  l'aide duquel la porte d'entrée de la forteresse est démolie. Le régiment des Gardes françaises fut dissous peu après. Charles Surrel a-t-il participé à ces événements ? Nul ne le sait, mais la mémoire familiale a retenu que Charles avait brulé son uniforme dans un four de boulanger et était rentré sans plus attendre au Monastier. Je l'ai du moins entendu raconter par Bonne-maman Surrel.

Il se marie le 8 septembre 1793 avec Françoise Descours, aussi du Monastier, née le 13 mars 1774, fille de Jacques Descours (1747-1807) et Catherine Mahinc (1741-1827), et y eurent trois enfants Claude Augustin (1798), Etienne Mathieu (1801) et notre ancêtre Augustin (1805). Charles est alors teinturier. Vraisemblablement en 1806, le ménage quitte le Monastier pour Craponne où, en 1807, nait un nouvel enfant.


Les Surrel à Craponne-sur-Arzon

A Craponne, Charles Surrel continue à  exercer son métier de teinturier. Charles et Françoise ont dans ce nouveau séjour trois enfants : François (1807-1808), Antoine (1811-1866) et Françoise. En 1829, lors du mariage d'Augustin, Charles est toujours teinturier tandis que Françoise est dite « absente du dit Craponne, depuis plusieurs années » ; est-elle retournée au Monastier retrouver sa mère veuve depuis 1807 ?. Charles meurt à  Craponne le 1er décembre 1847 dans la maison de son fils aîné. Deux de ses fils, Augustin et Antoine lui succèdent comme teinturier.

8. Jean Claude Augustin, né le 14 germinal an XIII (4 avril 1805) au Monastier, vit donc son enfance à Craponne où il se marie, le 24 août 1829, avec Marie Charbonnier, elle-même craponnaise (née le 9 mai 1807). Son père, Vital, était originaire de Piessac, paroisse de Saint-Georges-l'Agricol (né le 8 janvier 1773) où son père, Antoine, était journalier et sa mère, Marie Bontemps, originaire du Pinet, paroisse de Saint-Pierre-Duchamp ; Vital se maria avec Marie Cheissac (née le 11 avril 1781) de Craponne où il s'installe : il y est cultivateur en l'an XIV et « employé sur les routes » en 1828.

Surrel Frères

Augustin et Marie Charbonnier auront huit enfants entre 1830 et 1846 ; deux d'entre eux se distingueront particulièrement, Jules, très doué pour le dessin, et Auguste, notre ancêtre, qui devint maire de Craponne. Marie Charbonnier semble avoir été une femme exceptionnelle. Ne se contentant pas de son rôle de mère de famille, elle faisait aussi à Craponne un petit commerce de dentelles et les écoulait à Lyon où elle avait ses maisons de vente. Sans doute sous l'influence de leur mère, les enfants se détournent de la teinturerie familiale pour se lancer dans la fabrication et le commerce de la dentelle qui sont en pleine mutation à cette époque. Le commerçant, simple intermédiaire entre les dentellières et des réseaux de vente, devient fabricant ; il fait des commandes aux dentellières, leur apporte la matière première nécessaire, puis commercialise les produits obtenus. Plusieurs « fabriques » se sont ainsi constituées, en Velay, dans la première moitié du XIXe siècle.

Les filles aînées d'Augustin et Marie, Adéle et Louise, ont été aponceuses4 chez André Vignal ; Jules, après un court exercice de l'activité de clerc de notaire, devient piqueur de cartons chez M. Picard, puis dessinateur chez André Vignal, deux des meilleurs fabricants. Très jeune Jules (né le 11 avril 1839 à Craponne-sur-Arzon) s'associe à  ses deux sœurs et ils fondent la maison Surrel en 1853. C'est son grand talent de dessinateur, sa faculté de créer des « nouveautés » s'adaptant parfaitement aux modes successives qui a donné à la fabrique Surrel sa primauté sur toutes les autres fabriques de dentelle du Velay au long de la seconde moitié du XIXe siècle. On peut raisonnablement penser que Marie Charbonnier les a conseillés et encouragés. Elle meurt à  67 ans en 1875, un an après son mari Augustin.

Entrée de la fabrique
Craponne, entrée de la fabrique Surrel.(Merci Odile pour cette photo).
C'est à la fabrique que travaillaient les aponceuses tandis que les dentellières faisaient leur ouvrage à domicile.

9.. Benoît Auguste Melchior Surrel est né le 18 juillet 1842. Il est le 7e enfant de 8, mais, le dernier, Charles Marie, étant mort en bas-âge, il vécut l'enfance d'un benjamin de famille nombreuse.

Formé par ses sœurs aînées Adéle et Louise et par Jules5 aux activités dentellières, il les rejoint comme collaborateur puis comme associé ; Auguste se distingue comme eux par un sens exceptionnel de bon fabricant et de bon commerçant. Le mari de Louise, Auguste Couret, ancien officier de l'armée d'Afrique, deviendra lui aussi associé. Adèle est morte en 1864. En 1878, Louise et son mari se retire de l'association dont la raison sociale devient alors Surrel Frères. Après la mort d'Auguste, en 1893, la raison sociale devient Surrel et Cie.

en étudiant barbu 1891
Pierre Surrel, étudiant barbu 1891

Le 8 janvier 1866, Auguste se marie à  Craponne avec Marie Marguerite Françoise Trioulaire, dite Sophie, née à Craponne le 18 mars 1847 de Jean Pierre Trioulaire (1809-1890) et de Jeanne Antoinette Madeleine Vimal, dite Urany (1814-1899). Celle-ci est né à La Chaise-Dieu, fille de François Vimal et Sophie Pellet. La généalogie de cette famille d'origine auvergnate concerne un si grand nombre de familles et permet de monter si loin dans le temps qu'elle fera le sujet d'un chapitre propre. Quant'aux ancêtres Trioulaire (ou Triouleyre), ils sont originaires de Craponne ou des environs de Craponne : Usson-en-Forez (Teyssot), Pontempeyrat (Robert), Aurec-sur-Loire (Robert), Saint-André-de-Chalencon (Maran)... Auguste et Sophie eurent douze enfants ; cinq d'entre eux sont morts en bas-âge, mais nous avons tous entendu parler des grandes-tantes et grands-oncles : Augustin (Anna Pinoncély), Jules (Marguerite Barrès), Marie (Léon Frévol), Frédéric (Marie-Louise Valette), Uranie (Joseph Barrès), Lili. Ce sont eux.

Bon-papa Surrel
Bon-papa Surrel

Bonne-maman Surrel
Bonne-maman Surrel

10. Pierre Auguste Joseph Surrel, le grand-père, arrière-grand-père ou arrière-arrière-grand-père de tous les cousins et cousines réunis aujourd'hui, est né le 1er septembre 1870. Après avoir fait ses « humanités » au collège Saint-Michel à Saint-Étienne, il poursuit ses études en droit à Lyon, puis à Paris, et revient à  Craponne.

En 1891, il accompagne son oncle Jules Surrel à Rome où ils représentent la Société qui a fait hommage d'une aube en dentelle au pape Léon XIII.

En 1899, la société Surrel et Cie est dissoute et lui succède deux maisons Surrel ; l'une dirigée par Jules (mort en 1901) avec son fils Régis ; l'autre où se retrouvent associés les fils d'Auguste qui était mort en 1893 : Augustin, Pierre, Jules et Frédéric qui ont monté à  leur compte en 1899, une grande fabrique de dentelles et guipures en tous genres. La première perdurera plus de trente ans avant de disparaitre. Ses archives seront, en partie, achetées vers 1941 par un fabricant de Retournac, Auguste Experton, et sont maintenant conservées au musée de ce bourg ; c'est là qu'on peut consulter les dessins de Jules Surrel, le fondateur.

Quant'à la fabrique dont notre grand-père Pierre était l'un des associés (les autres étaient ses trois frères), après une période florissante vint le déclin, elle a disparu peu après la seconde guerre mondiale. Pierre, qui avait quitté la société, a dirigé une scierie située au Pontempeyrat à quelques kilomètres de Craponne.
Notre grand-père s'intéressait beaucoup à l'histoire, en particulier à l'histoire romaine. Il a été longtemps membre de la Société française d'archéologie où l'avait entrainé son ami Noël Thiollier, membre érudit et très actif de la société savante forèzienne, la Diana. Il affichait ce goût pour l'histoire en portant parfois sur sa cravate un statère de Vercingétorix aménagé en épingle.

Pierre Surrel et Jeanne Mairey (1876-1967) se sont mariés à Saint-Étienne le 25 juin 1902. Notre grand-mère, née à Saint-Étienne le 15 février 1876, est la fille de Francisque Mairey, né à Saint-Étienne (1839-1916), ingénieur des mines et Louise Delaroa (1850-1901), née à Lyon. Elle était un peu chauvine et gardait, dans sa mémoire, une grande place pour Saint-Étienne ; elle parlait aussi volontiers de ses frères et sœurs : l'aînée, Marie (1872-1946), religieuse à la Visitation de Saint-Étienne ; Françoise, née en 1873 et morte dés 1907, mariée avec Louis Valdot qui eurent trois enfants dont tante Loulette, en religion Mère Saint-Bruno ; ses deux frères, jésuites, son aîné, Joseph (1875-1950) qui vécut des dizaines d'années à Beyrouth, son cadet, Louis, passionné par les études hébraïques, tué à  Verdun en 1916 - enterré par ses camarades de combat, son corps n'a pas pu être retrouvé à l'issue de la bataille ; elle avait eu, en outre, un autre frère Louis mort en bas-âge.

Grand-père Mairey
Francisque Mairey
Grand-mère Mairey
Louise Delaroa

Le père de Francisque, Claude Mairey (1803-1894), est né à Saint-Sauveur, près de Luxeuil ; c'est donc un franc-comtois dont les ancêtres sont d'Eboz et Dambenoit-lès-Colombe, Laurent, Munier, Mourey, Milot, Bourquin, Mercier, Margurey, Calland, Ferry, Mariotte, Mulot (près Luxeuil, Haute-Saône) ou des Vosges, Chamoussy... C'est lui qui s'est transporté à  Saint-Étienne où il est représentant en épicerie ; il épouse, en 1837, à  Saint-Chamond, une jeune veuve Françoise Pervanchon (1800-1877) dont les origines sont à  Saint-Chamond et Pélussin. Son père, Paul Pervanchon, avait été caporal au régiment de Vermendois avant 1791, puis passementier à Saint-Chamond, juge de paix en 1797, à nouveau passementier en 1798-1799, huissier royal à Saint-Chamont lors de son décès en 1822. Son père Jean Baptiste, cardeur de soie à Saint-Chamond, était marié avec Françoise Thévenon, fille d'Antoine.

De son côté Louise Delaroa a pour parents Eugène Delaroa (1820-1906), avocat à  Paris comme son père Pierre né à Saint-Victor-sur-Loire, puis résidant à Lyon et Saint-Genest-Lerpt où il meurt, et Jeanne Gaultier (1825-1910), fille de Louis Gaultier et Benoîte Mey. Les Gaultier, Mey, Liorard, Delacour, Fleurdelys... sont originaires de Saint-Romain-en-Jarez et villages voisins de cette petite région, le Jarez, située au sud du Forez au long du Gier. La famille Gaultier forme une longue lignée qui a donné des négociants et un échevin à Lyon. Les Delaroa ont donné plusieurs échevins à Saint-Etienne et sont originaires de Saint-Victor-sur-Loire ; dans l'ascendance Delaroa, on trouvera les familles Duculty, Tézenas, Barallon, Dubois, Cozon, Grézieu...

Grand-parents et leur 4 filles
Pierre Surrel, Jeanne Mairey
et leurs quatre filles :
Rirette, France, Mimi et Lélé.

11. Onzième et dernière génération Surrel, nos mères et grand-mères, les quatre filles de Pierre Surrel et Jeanne Mairey : Marie-Louise, Françoise, Hélène et Madeleine, autrement dites tante Rirette, tante France, tante Lélé et tante Mimi, devenues Piffault, de Maximy, Rérolle et Martin.

Bonne-maman et ses 4 filles
Bonne-maman et ses quatre filles
à sa droite, Rirette et Mimi
à sa gauche, Lélé et France.
A Buxy, 1960.

la maison
Craponne, la maison de Bon-papa et Bonne-maman avant transformation et agrandissement. Carte postale, 1920.

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Ces génalogies montrent la grande diversité sociale de nos origines, depuis le manœuvre du Monastier jusqu'aux échevins de Saint-Etienne et Lyon et quelques familles nobles du côté Vimal, en passant par de nombreux laboureurs, artisans, quelques militaires et des marchands et juristes de toutes sortes5..

Si vous revenez sur ce site dans quelques mois vous y trouverez peut-être le chapitre sur les ancêtres Vimal et des améliorations et compléments. Si vous trouvez de nouveaux renseignements communiquez-les moi ou prenez votre plume pour les présenter vous-même. Je serai heureux d'insérer documents et commentaires sous votre signature. Il manque des photos de la maison et du parc, des promenades avec Bonne-maman, du Pontempeyrat ; il faudrait évoquer la maison de La Louvesc et les promenades dans les forêts de pins toujours avec Bonne-maman (et sa canne à bout caoutchouté)...


Quelques photos de Craponne-sur-Arzon

Vue de Craponne
Craponne, on voit la flêche de l'hôtel de ville, l'église Saint-Caprais avec son clocher et le vieux donjon.

la Grande Place
Craponne, la Grande Place. Carte postale.

le faubourg Constant
Craponne, le faubourg Constant.

Liens

On trouvera des généalogies détaillées mais encore incomplètes et sans doute parfois erronées à cette adresse web : Fiches et tableaux généalogiques.

Photos de la cousinade et anciennes photos de famille sur le site de Denis Messié (où l'on peut voir, en outre, ses nombreuses très belles photos) : Voir les albums.

Témoignage de Grand-mère Julie, dentellière et échantilloneuse de la Maison Surrel : Voir.

Notes

1. Deux autres lieux-dits Surrel ont pu aussi donner leur nom à des familles Surrel : à Bourg-Saint-Andéol (Ardèche) et Saint-Marcel-les-Valence (Drome).

2. Deux de ces lignées se sont élevées dans la hiérarchie sociale dés les XVIe et XVIIe siècle et prendront l'habitude d'écrire leur nom avec une particule.

3. Voir l'annexe I, extrait de Régis Pontvianne.

4. Julien Charles Antoine (1839-1901), dit Jules, se marie avec Fanny Lashermes le 6 avril 1843 et ils eurent dix enfants. Parmi leur postérité notre contemporain le docteur Charles Surrel.

5. A la fabrique, ouvrière très qualifiée chargée d'assembler entre eux les éléments d'un même modèle. L'aponçeuse a aussi pour tâche de clore les encadrements de dentelle. L'aponce est une couture permettant d'assembler de la façon la plus discrète possible deux éléments de dentelles.

6. Dernière heure (ouvrage non encore consulté) : « Le prix jeune chercheur a été attribué à Rémi Laroere pour son mémoire La fabrique de dentelle Surrel à  Craponne (1853-1914), mémoire de Master Culture, Territoire et Patrimoine, Université Blaise Pascal-Clermont II.
La dentelle constitue, jusqu'au début du XXe siècle au moins, l'un des symboles de l'industrie du luxe à la française. Craponne constitue l'un des principaux centres de production de dentelles en France au sein de la fabrique de Haute-Loire au XIXe siècle, et encore au début du XXe siècle. L'étude de ce secteur dentellier, permise par des archives privées rares dans ce secteur d'activité, laisse entrevoir un ensemble productif éclaté mettant en scène tout une microsociété montagnarde. Au sein de ce centre de production, les fabriques de dentelles Surrel ont su tirer profit de l'héritage d'une organisation productive rurale pour intégrer les réseaux commerciaux mondiaux en pleine expansion. Organisé du local au global autour des dentellières et du fabricant, ce système doit faire face aux évolutions perpétuelles de la demande dans le secteur de la mode. Par l'importance et la longévité de son activité, la famille Surrel illustre encore aujourd'hui la production craponnaise de dentelles dans ses plus beaux jours. La construction de ce modèle est le fruit de stratégies économiques et sociales réfléchies à  l'échelle locale et sur les marchés internationaux du secteur dentellier. Rémi Laroere termine actuellement un master professionnel en Action culturelle à l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. »

Bibliographie

Outre l'état-civil et les registres paroissiaux, voir :

ANNEXE I : extraits de Pontvianne, cité ci-dessus.

La dentelle à  Craponne

« Des marchands dentelliers qui écoulaient au loin la production des dentellières de Craponne et de ses environs sont connus depuis le XVIIe siècle. C'est au début du XIXe que les marchands se transforment en fabricants. Pierre Dayre qui faisait exécuter des dessins lui appartenant. Mme Surrel, née Charbonnier à  Piessac, faisait aussi à  Craponne un petit commerce de dentelles et les écoulait à  Lyon où elle avait ses maisons de vente. »

Jules et Auguste Surrel frères

« Le fondateur de cette fabrique, la plus importante de Craponne, fut Jules Surrel, né en 1839. Il fit de bonnes études primaires chez les Frères Maristes, pris quelques leçons de latin chez M. l'abbé Brenas, fut clerc de notaire chez M. Avril, et compléta son instruction en lisant les grands auteurs du XVIIe. Si M. Jules Surrel avait poursuivi ses études classiques, il aurait pu occuper des situations importantes, nous en avons la preuve dans deux brochures qu'il a publiées, un compte-rendu du pélerinage des paroissiens du canton de Craponne en 1873 à  Notre-Dame d'Aubissoux et la relation des fêtes données à M. le baron de Vinols en 1867, à l'occasion de son élection au Conseil général. En tout cas, ces quelques renseignements peuvent servir à  expliquer ses succès dans la fabrication de la dentelle.

Jules Surrel fonde en 1853 avec ses sœurs Adèle et Louise, la maison Surrel ; quelques années après, leur frère Auguste devient leur collaborateur et leur associé. Or, le commerce de la dentelle demande un apprentissage. Jules Surrel l'avait fait comme piqueur de cartons chez M. Picard, comme dessinateur chez André Vignal, c'est à dire à excellente école. Ses sœurs Adèle et Louise avait été aponceuses dans cette dernière maison. Elles contibuèrent beaucoup au succès de leur propre fabrique par leur intelligente et minutieuse application dans tous les détails d'une industrie délicate. Formé par son frère et ses sœurs, Auguste se distingua comme eux par un sens vraiment exceptionnel de bon fabricant et de bon commerçant.

Lors de la fondation de la maison Surrel, la mode était à la guipure de soie et aux cols. Jules Surrel, avec son talent supérieur de dessinateur, va satisfaire les caprices variables de la mode en créant de nouveaux genres. En 1867, il invente la dentelle de fil pour ameublement, rideaux, garniture de draps de lit, taies d'oreillers, linge de table, devenue un article important connu sous le nom de Guipure de Craponne.

Sous l'impulsion de son chef, la maison Surrel fabrique, de 1870 à 1876, l'article laine noire ; de 1873 à  1874, elle renouvelle le genre Torchon en 1875 et 1876, elle lance la Guipure Médicis. De 1884 à  1886, elle fait une nouvelle campagne de laine noire. Jules Surrel relève ce genre en lui donnant pour fond le point à la Vierge ; il fait en même temps revivre et vulgarise dans le linge d'église l'usage de la dentelle et guipure fil de lin pour aubes, rochets devants d'autel.

M. et Mme Couret, née Surrel, associés de la maison, se retirèrent en 1878, et MM. Jules et Auguste Surrel continuèrent la fabrication sous la raison sociale Surrel frères ; leurs produits furent toujours appréciés dans les milieux les plus élevés. Ils fournirent, en effet, un couvre-lit en dentelles offert à la reine de Portugal, née Marie-Amélie de Bourbon.

En 1891, ils firent hommage à Sa Sainteté Léon XIII, lors du pélerinage de la Jeunesse catholique, où MM. Pierre et Jules Surrel représentaient leur famille, d'une aube d'un dessin et d'un travail admirable. S. E. le cardinal Rampolla daigna les en remercier dans une lettre élogieuse. En 1892, ils prirent part à l'expostion de Chicago ; par suite de différends diplomatiques, il ne fut pas donné de récompense aux exposants, mais ils avaient du moins porté bien loin le bon renom de la dentelle de Craponne.

Un personnel choisi avait aidé, avec un louable dévouement, la maison Surrel dans son œuvre industrielle. Les récompenses officielles le prouvent. L'Académie française décerna un prix de vertu à  Mlle Marie Trescartes, pour 42 ans de services consécutifs. Obtinrent des médailles d'argent : Mlle Pauline Beyssac, 47 ans de services ; Mlle Théosine Beraud, 55 ans de services ; Mlle Annette Crépet, 39 ans de services. Des diplômes d'honneur furent décernés à  Mlle Fanny Picard, 30 ans de services ; à  M. Joseph Favier, 25 ans de services.

La société ayant été dissoute en novembre 1899, Jules Surrel continua le commerce avec son fils Régis. En 1900, il remporta une médaille d'or à  l'expostion universelle de Paris. Le gouvernement de la République, méconnaissant les services rendus par cet homme de travail et d'énergie, lui refusa la croix de la Légion d'honneur à  raison de ses idées politiques, Jules Surrel, qui avait été membre de la Chambre de commerce du Puy, mourut à  Craponne le 17 juillet 1901.

Régis Surrel, son fils, lui a succédé et continue les excellentes traditions de la maison. Il fabrique de la dentelle artistique en tous genres, mais spécialement les articles ameublement, linge de table, couverture de lit, ornements d'église, aubes, rochets, devants d'autel ; dentelle à  l'aune Cluny, Médicis, Valenciennes, Venise ; guipure de Craponne ; torchon laine, soie et or.

Pierre Louis Boyer, ancien notaire, gendre de Jules Surrel, s'est livré depuis 1896 au commerce de la dentelle. Associé en 1898 avec M. Thivel, il fabrique un grand nombre des mêmes articles que la maison Surrel.

Augustin, Pierre, Jules et Frédéric Surrel frères, ont monté à  leur compte en 1899, une grande fabrique de dentelle et guipures en tous genres. Ils fabriquent principalement les articles : ameublement, linge de table, rideaux ; ornements d'église, aubes, rochets, devants d'autel ; vêtements, robes, cols, etc.

Les maisons Surrel, qui occupent des milliers d'ouvrières, ont acquis et conservent une situation prépondérante, non seulement dans le canton, mais encore dans le département, pour ne pas dire en France. »

[t. 1, p. 549-552,].

ANNEXE II

Paire de quilles
Paire de quille (production Surrel).

Note : Ces quilles se positionnaient par paire, sur les jupes longues, de la taille en s'évasant vers le bas. Ces fabrications, difficiles à exécuter, en particulier pour les quilles en guipé d'or, étaient réservées aux meilleures ouvrières.


Extraits d'un catalogue de vente à Drouot :