Famille d'Euvrard de Courtenay

selon Chaix d'Est-Ange (1903)

Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle,

18 vol., Évreux, 1903.Les notices concernant la famille Euvrard se trouve t. 16, p. 322 ; t. 17, p. 470 ; t. 11 (add. et correc.), p. 952.

La famille d'Euvrard de Courtenay appartient à la noblesse du Dauphiné. Elle vint de Bourgogne s'établir dans cette province au cours du xviie siècle.

La famille d'Euvrard est originaire de Franche-Comté d'après la tradition. Ses auteurs, Henri et Huguenin Euvrard, ou Evrard, étaient nés, d'après la plupart des auteurs, à Minorvillers, en Bourgogne mais M. de Lurion a avancé qu'ils étaient de Besançon. Ils reçurent en août 1516 de l'empereur Charles-Quint, alors seulement roi d'Espagne, des lettres patentes qui les anoblissaient et qui les autorisaient à ajouter à leurs armes un chef d'or chargé de trois canettes de sable, becquées et membrées de gueules. D'après M. de Rivoire de la Batie la famille d'Euvrard, ou d'Evrard, était déjà noble à cette époque et les lettres qu'elle reçut en 1516 étaient des lettres de confirmation de noblesse et non pas d'anoblissement. Huguenin Euvrard, un des deux frères anoblis en 1516, avait épousé, d'après des mémoires de famille, successivement Denise de Rougemont et Béatrix d'Andelot.

Il fut père de Jean Euvrard, marié, le 5 mai 1540, à Claudine Sandrin, qui fut pourvu de l'office de conseiller et secrétaire du Roi, maison et couronne de France. Bénigne Euvrard, petit-fils de Jean, fut nommé en 1605 vicomte mayeur de la ville de Dijon (1). Il se qualifiait, dans les dernières années de sa vie, baron d'Antilly et de Courboin(2), Sgr de Hauteville, vicomte mayeur de Dijon, colonel-général de la même ville, président né aux Etats de Bourgogne. Il épousa, le 16 mai 1612, Marguerite Barbier d'Entre-Deux-Monts. Il en eut, entre autres enfants, trois fils 1° Michel, qui n'eut pas d'enfants 2° Bernard, qualifié baron de Courboin, dont la descendance ne tarda pas à s'éteindre; 3° Antoine.

Ce fut ce dernier qui vint s'établir en Dauphiné par le mariage qu'il contracta en 1666 avec Marguerite de Saint-Ours de l'Echaillon. Il fut maintenu dans sa noblesse en 1668 par jugement de Dugué (3), intendant de cette province. Son fils aîné, Jean d'Euvrard, chevalier, qualifié baron de Courboin, épousa, le 17 octobre 1703, Marie-Rose de la Balme de Montchalin, héritière de la terre de Courtenay, dont sa descendance a gardé le nom, et de celle de Montchalin. La possession de cette dernière terre fut l'objet d'un long procès que lui et ses enfants eurent à soutenir contre Mme de Lombard, demi-soeur de sa femme, dont la descendance est encore connue de nos jours sous le nom de Lombard de Montchalin. Il eut pour fils aîné, Gabriel d'Euvrard de la Balme, baron de Courboin, Sgr de Courtenay, de Montchalin, etc., qui épousa successivement en 1742 Catherine d'Arod de Montmelas, décédée sans postérité masculine, et en 1753 Catherine de Loras et qui continua la lignée. Le petit-fils de celui-ci, Alphonse, baron d'Euvrard de Courtenay, est décédé en 1863 en son château d'Optevoz. Il avait épousé en 1828 Melle Henriette de Chaponay dont il laissa sept enfants. M. d'Euvrard de Courtenay prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse de l'élection de Vienne.

La famille d'Euvrard de Courtenay a fourni, en dehors des personnages mentionnés au cours de cette notice, des officiers très distingués.

Principales alliances Barbier, Perrot, de Viart, de Saint-Ours, de l'Eschaillon 1666, de la Balme de Montchalin 1703, d'Arod de Montmelas 1742, de Loras 1753, de Drujon de Beaulieu, de Nantes d'Avignonnet, de Chaponay 1828, de Cavailhés, Garnier des Garets 1828, Coujard de Laverchère 1866, de Pardieu 1902, etc.

On a vu plus haut que la famille d'Euvrard était originaire de Franche-Comté d'après la tradition. Une famille d'Euvrard occupait dans cette province un rang distingué au xv' siècle. Elle portait pour armes d'azur à trois navettes d'argent. Jean Euvrard était en 1429 et 1431 cogouverneur de la cité de Besançon. Sa descendance eut à subir les vicissitudes de la fortune. D'après le Nobiliaire de Franche-Comté de M. de Lurion on en perd la trace dès le xvi» siècle. Mais, d'après la Galerie héraldo-nobiliaire de Franche-Comté de M. Suchaux, elle se serait perpétuée obscurément à Poligny jusqu'à nos jours sous le nom d'Œuvrard.

Armes de sinople à un huchet d'or; au chef d'or chargé de trois canettes de sable, becquées et membrées de gueules.


Autres sources :

Rivoire de La Batie, Armorial du Dauphiné

Euvrard de Courtenay, Courtenay, Optevoz, Montchalin

Nous ne nous arrêtons pas à des mémoires de famille rédigés au XVIIIe siècle, qui font descendre cette maison de Saint-Euvrard,comte de Cisoin, duc de Frioul & chancelier de France sous les empereurs Charlemagne, Louis-le-Débonnaire & Charles-le-Chauve vivant vers environ l'an 840.

Catalogue de la Collection FEUARDENT

Vente après décès par suite d'acceptation bénéficiaire 1929 Et.
Jetons et méraux - SECONDE PARTIE PROVINCES VILLES - page 48 :
Arviset, 1616-17. P. Fourneret, 1618. J. Venot, 1619-20. Le Compasseur, 1621-22. J. Tisserand, 1623-24, 35. J. de Frasans, 1625, 27, 31, 32-33, 38-39. Et. Humbert, 1627-28. B. Euvrard, 1629. P. Terrion, 1630. F. Moreau...

Notes :